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MYRRHA, un nouveau reacteur de recherche sur le site du SCK•CEN a Mol?
Le Centre d'étude de l'énergie nucléaire (SCK•CEN) a lancé un appel au gouvernement belge afin qu'il se prononce rapidement sur le financement du projet MYRRHA, un nouveau réacteur de recherche qui devrait être construit sur le site du SCK•CEN à Mol.
Ce projet nécessite un budget d'investissement de 960 millions d'euros étalé sur 12 ans. La contribution de la Belgique, indispensable pour l'accueillir, se situe aux alentours de 40%. Ceci correspond à un budget annuel moyen pour la Belgique de 32 millions d'euros pendant les 12 années de la phase d'investissement.
Le complément des fonds nécessaires pour l'investissement sera assuré par les différents membres du consortium international des partenaires de MYRRHA, par des fonds européens et par la Banque Européenne d'Investissement (BEI).
MYRRHA pourrait toutefois être compromis, le Ministre de l'Energie ne l'ayant finalement pas inscrit au budget 2010. Alors que toute la communauté scientifique internationale et de nombreuses instances attendent un geste fort de nos dirigeants, il est à redouter que le manque d'engagement voire de courage politiques hypothèquent cet ambitieux projet.
S'il aboutit, le projet MYRRHA viendrait en remplacement de l'actuel BR2, actif depuis 1961 et vieillissant.
Le SCK•CEN jouit d'une importante reconnaissance internationale en tant que centre d'excellence à la pointe de la recherche nucléaire. MYRRHA représente l'ambition de la Belgique de rester parmi les leaders mondiaux de la recherche de haut niveau.
Cette infrastructure permettra:
- de tester et de développer la transmutation des radionucléides à longue durée de vie les plus toxiques contenus dans le combustible nucléaire usé;
- d'effectuer des recherches et essais sur les matériaux des réacteurs de fission actuels et futurs ainsi que sur les matériaux sélectionnés pour la technologie de la fusion;
- de fournir grâce à son accélérateur des faisceaux de particules pour la recherche fondamentale et appliquée;
- de garantir une disponibilité industrielle de lingots de silicium dopé par irradiation, un composant essentiel des circuits électroniques de puissance utilisés dans les applications d'énergies renouvelables (solaire, éolien, technologies à énergie hybride);
- de garantir la continuité de l'approvisionnement en radio-isotopes médicaux face à une demande mondiale croissante.
Ce dernier point est particulièrement important étant donné le risque croissant de pénurie de radio-isotopes nécessaires en médecine nucléaire. Concomitamment à la sortie du Centre de Mol, le journal français Le Monde1 relayait l'inquiétude des milieux scientifique et médical face à la vétusté des réacteurs de recherche actuels. 80% des radio-isotopes médicaux2 utilisés aujourd'hui ne peuvent être produits que dans des réacteurs de recherche; seul le solde peut l'être par d'autres moyens (tels que les cyclotrons).
Les réacteurs de recherche qui peuvent effectuer ces productions délicates sont extrêmement limités en nombre à travers le globe. Cinq réacteurs qualifiés approvisionnent le monde entier. Ils sont situés au Canada, aux Pays-Bas, en Afrique du Sud, en France et en Belgique (le BR2 au SCK•CEN).
Le réacteur canadien, entré en service en 1957 assurant à lui seul près de la moitié de la production mondiale est à l'arrêt jusqu'au printemps 2010 au mieux. Le réacteur hollandais sera également en maintenance pendant la moitié de l'année.
Si on ne remplace pas le BR2 à terme, il s'agira d'un nouveau coup dur pour la production de radio-isotopes. Or on prévoit une augmentation de la demande de 5% par an. Le projet MYRRHA, que le SCK▪CEN désire implanter à Mol, aura la possibilité de produire des radio-isotopes tels que ceux du BR2 aujourd'hui et aussi de nouveaux isotopes vu les intensités de flux neutroniques plus importantes (d'un facteur 5 à 10) actuellement projetées dans MYRRHA.
Pour en savoir plus:
- Le dossier du Forum sur les applications du nucléaire (voir p. 5)
- Le témoignage de Hamid Aïd Abderrahim, directeur de l'Institut 'Advanced Nuclear Systems' du SCK•CEN
- Le site web de Myrrha
- Article à consulter ci-dessous, paru dans L'Echo le 03.09.2009
1. "Une pénurie de réactifs menace l'imagerie médicale", Le Monde, 25 août 2009, p.4.
2. L'utilisation des radio-isotopes médicaux s'adresse en priorité aux cancers, maladies intra vasculaires, maladies infectieuses tant au niveau du diagnostic que du traitement; ces outils sont reconnus indispensables par la médecine moderne.
Publié: 14-10-2009 | Mise à jour: 14-10-2009







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